Un médicament pour oublier les mauvais souvenirs

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Certaines personnes vivent avec des traumatismes parfois très lourds à porter, à tel point qu'il leur est compliqué de sortir de chez elles par exemple. Cette détresse est plus couramment dénommée stress post-traumatique. L'événement laisse des traces émotionnelles intenses dans le cerveau et hante la mémoire des victimes de manière continue.

Généralement, le traitement proposé est la psychothérapie, des thérapies comportementales et cognitives parfois accompagnées par des antidépresseurs. Cependant, ces thérapies sont longues et les antidépresseurs n'ont pour fonction que « d'endormir » le stress.

À ce titre, une équipe de chercheurs a étudié les propriétés du Propranolol®, bêtabloquant utilisé contre les migraines et l'hypertension.

Le Propranolol® en question

L'étude menée par ces chercheurs toulousains montre que le Propranolol® aiderait à se sortir des émotions générées par le souvenir et sa répétition dans la mémoire. Il diminuerait ainsi la réactivité physiologique qui accompagne le souvenir.

Le but n'est pas d'oublier ou d'effacer la totalité de l'événement, mais bien d'échapper à l'obsession de son souvenir pour en éviter le traumatisme :

  • Lorsqu'un événement a été traumatisant, le choc émotionnel ressenti peut être très fort et entre directement dans la mémoire de l'individu. Or, ce choc s'inscrit de manière continue dans l'esprit de la victime, alors que le souvenir revient de manière spontanée.
  • Ainsi, le Propranolol® jouerait sur cette résonance émotionnelle et agirait de sorte à limiter la portée affective du choc. De fait, l'intensité des troubles liés au traumatisme seraient amoindris par les effets apaisants reconnus du Propranolol®

Protocole du test

8 victimes de la catastrophe AZF, qui s'est produite à Toulouse en 2001, ont accepté de prendre du Propranolol® selon l'actuel protocole en test :

  • Le Propanolol® est administré aux victimes, qui doivent attendre 90 minutes pour qu'il fasse effet.
  • Puis, elles écrivent à la première personne le souvenir qui a engendré le traumatisme. Le souvenir est rappelé à la mémoire par un indice (endroit, odeur...) ou par volonté de l'individu. Or, la charge émotionnelle n'est en fait que la nébuleuse de ce souvenir et s'enregistre dans la mémoire en même temps que celui-ci. Cet exercice de rédaction aiderait donc à minimiser le poids de la charge émotionnelle, sans en altérer le souvenir.

En tout, les spécialistes s'accordent sur le fait que 6 séances en présence d'un médecin soient nécessaires. La suite de cette étude aurait montré une amélioration dans le comportement des victimes et une baisse des symptômes de stress post-traumatique.

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