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Le contrôle compulsif est la dérive d'un individu qui l'amène à vouloir tout contrôler, tout diriger ou tout superviser sans forcément en avoir conscience. Dirigé au départ vers soi, en contrôlant ses sentiments, ses émotions et même ses pensées, le contrôleur compulsif étend son champ d'action aux autres.

En ne s'autorisant pas le lâcher-prise libérateur, la personne contrôleur compulsif passe à côté de sa qualité de vie. Elle finit par devenir un poids pour son entourage, qui le met à l'écart, et un psychorigide pour ses collègues, qui l'évitent.

Comment devient-on contrôleur compulsif ? Quels sont les signes du contrôle permanent ? Et comment sortir du contrôle compulsif ?

Qu'est-ce que le contrôle compulsif ?

« Ça ne se fait pas ! » est la phrase qui reste ancrée profondément dans l'esprit de celui qui risque de devenir contrôleur compulsif.

Une éducation stricte associée à un désir de vouloir toujours tout bien faire afin de briller doit être passagère. L'enfant, en grandissant, doit déplacer les limites de « ce qui se fait et ne se fait pas » afin de devenir un adulte libéré. Mais, pour certaines personnes, cette évolution ne s'est pas faite, pour des motifs divers.

Le contrôle compulsif peut se résumer à un défaut d’émancipation qui force inconsciemment la personne à toujours vouloir agir de la manière jugée une fois pour toutes « convenable », et non selon ses désirs et ses aspirations (dans le cadre légal bien sûr).

Non seulement un contrôleur compulsif ne s'autorise pas à réaliser ce qui pourrait l'épanouir, ni même à y songer ; mais il finit aussi par étendre aux autres les limites qu'il se fixe à lui-même. De « coincé » il devient « castrateur » en fixant aux autres les limites (étroites) qu'il s'est fixées à lui-même.

Après s'être empêchée elle-même de s'exprimer, la personne contrôleur compulsif finit par reprocher aux autres leurs goûts, leurs envies, leurs désirs, leur personnalité.

Quels sont les signes du contrôle compulsif ?

Une fois adulte, le contrôle compulsif se manifeste notamment par certains signes :

  • La tendance à porter un jugement immédiat : ce jugement rapide porte sur l'aspect, l'attitude et le comportement de l'autre et des autres, pour la seule raison qu'on n'oserait pas soi-même s'habiller, se tenir ou se comporter comme cela.
  • La négligence des problèmes des autres : en ignorant les difficultés et les problèmes affectifs, personnels ou professionnels des autres, le contrôleur compulsif refuse de prendre en considération ce que lui s'est obligé à dépasser ou ce à quoi il n'a pas été confronté. Les autres doivent s'adapter à lui, tout comme lui s'est toujours adapté aux autres quitte à taire ses doutes, craintes, sentiments et émotions.
  • Le désir inconscient de manipulation : sans même s'en rendre compte, le contrôleur compulsif fait en sorte que les autres appliquent les mêmes méthodes, se conforment aux seuls schémas que lui juge appropriés et convenables. En empêchant les autres de s'exprimer, la personne contrôleur compulsif muselle leur créativité et renie en quelque sorte leur individualité.

Contrôle compulsif : comment en sortir ?

Entrer dans le contrôle compulsif est une descente inconsciente alors qu'en sortir est forcément une remontée volontaire.

Affronter ses peurs

Sortir du contrôle peut faire peur comme on peut craindre l'arrêt d'une substance addictive.

On reste dans le contrôle parce qu'on en tire un bénéfice inconscient, on sort du contrôle pour jouir consciemment de l'existence. Mais, pour sortir du contrôle compulsif, il faut affronter ses peurs illusoires :

  • Peur de la déchéance : crainte de ne plus se sentir à sa « place » dans le couple, la famille, l'entreprise et la société ; associée à la peur que les autres ne reconnaissent plus l'implication forcenée qui caractérisait le contrôleur compulsif.
  • Crainte de la dévalorisation : à ses propres yeux d'abord, perte d'une image faussée de sauveur ; puis aux yeux des autres qui pourraient ne plus voir dans l'ex-contrôleur compulsif celui qui venait sans cesse dire quoi faire et comment le faire.
  • Peur de l'exclusion : peur qu'en se débarrassant du contrôle il ne soit plus reconnu et accepté. Si le contrôle compulsif lui a permis de bâtir sa vie jusque-là, qui lui dit que changer (même en mieux) ne va pas tout détruire ?
  • Crainte d'une culpabilité à naître : peur de se découvrir soi-même, de se révéler des désirs, des émotions et des sentiments jusqu'alors refoulés, peur de trouver son plaisir et de culpabiliser d'être heureux.

Se faire accompagner

On ne sort pas seul de la compulsion de contrôle comme on ne se sort pas seul d'un trouble obsessionnel compulsif (TOC). Il faut se faire aider par un professionnel qui apportera son analyse, son soutien et sa bienveillance.

Prendre conscience de sa compulsion de contrôle est déjà une avancée considérable vers la libération.

Ensuite, la sortie du contrôle va nécessiter des apprentissages :

  • Se connaître soi-même : en prenant conscience des préceptes inculqués lors de l'éducation afin de les analyser en tant qu'adulte et d'accepter leurs conséquences sur son développement personnel.
  • S'accepter soi-même : en ayant abandonné les préjugés imposés et en se référant à la morale que l'on s'est bâtie en conformité avec la société.
  • S'aimer soi-même : en analysant avec bienveillance le parcours affectif et les réussites familiales, sociétales et professionnelles auxquelles on a été capable de parvenir.

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