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Si s'arracher les cheveux dans un moment d'ennui peut paraître anodin, la répétition systématioque de ce geste signe un trouble psychologique dont on parle peu, la trichotillomanie. Calvitie, isolement social, voire affections somatiques : ce comportement plonge les patients dans une grande souffrance.

Notre article fait le point sur ce trouble.

Trichotillomanie : qu'est-ce que c'est ?

Trouble du comportement

La trichotillomanie est un trouble du comportement qui conduit les personnes qui en souffrent à s'arracher les cheveux, et parfois les cils, les sourcils, voire les poils (des aisselles, du pubis par exemple). Elle entraîne une alopécie (absence de cheveux/poils) plus ou moins étendue, et variable dans le temps.

Elle fait partie des "comportements répétitifs centrés" (CRCC) sur le corps, comme :

  • la dermatillomanie, qui consiste à se gratter la peau sur certaines zones du corps ;
  • l'onychophagie, qui correspond au fait de se ronger les ongles.

Les gestes répétitifs liés à la trichotillomanie échappent au contrôle de la personne et sont la source d'une grande détresse psychologique. D'un point de vu physique, des zones entières du cuir chevelu peuvent être mises à nu, et les conséquences esthétiques sont une source de souffrance supplémentaire.

La trichotillomanie toucherait de 1 à 2 % de la population ; chez l'adulte, dans 9 cas sur 10, elle concerne un sujet de sexe féminin. Chez les enfants, la maladie est moins sévère et prend fin généralement assez rapidement.

Différentes formes

La maladie se présente sous 2 formes différentes, qui peuvent toutefois cohabiter chez un même patient :

  • la trichotillomanie concentrée sur le geste, où la personne a pleinement conscience de ce qu'elle fait, ressent le besoin de s'arracher les cheveux, et éprouve un apaisement ou de la culpabilité après avoir réalisé son geste ;
  • la trichotillomanie automatique, sorte de réflexe à peine conscient, qui a généralement lieu au cours d'une activité sédentaire (regarder la télévision...).

Causes de la trichotillomanie

Les causes de la trichotillomanie sont mal connues. Plusieurs aspects semblent intervenir :

  • un terrain génétique particulier ;
  • un problème au niveau de certains messagers chimiques produits par le cerveau (sérotonine, dopamine) ;
  • l'existence d'une dépression ;
  • des traumatismes subis.

Complications de la trichotillomanie

En plus des difficultés sociales qu'entrainent cette affection, la trichotillomanie peuvent provoquer des troubles somatiques. En effet, certains patients ingèrent les cheveux arrachés, ce qui peut former un trichobézoard, une accumulation de cheveux au niveau de l'estomac.

Traitement de la trichotillomanie

Les personnes touchées par la trichotillomanie ressentent souvent de la honte par rapport à leur comportement et éprouvent des difficultés à demander de l'aide à un médecin, ce qui retarde le diagnostic.

Une fois celui-ci posé, la prise en charge repose :

  • Sur une psychothérapie : les thérapies cognitivo-comportementales sont particulièrement adaptées.
  • L'association éventuelle de médicaments : la clomipramine, un antidépresseur de la famille des tricycliques qui agit sur certains neurotransmetteurs, est la molécule qui semble la plus à même de réduire ces comportements compulsifs. Elle ne peut cependant pas être prescrite chez l'enfant. Dans certains cas, un médicament de la famille des inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine (ISRS) est proposé au patient.

Pour aller plus loin :