Sommaire

Des tics incontrôlables, difficiles à vivre au quotidien pour la personne touchée et son entourage, signent un trouble neurologique singulier : le syndrome Gilles de la Tourette. Découvrons ses caractéristiques.

Syndrome de la Tourette : définition

Le syndrome Gilles de la Tourette, qui porte le nom du médecin français qui l'a décrit pour la première fois au XIX ème siècle, est un trouble neurologique caractérisé par :

  • des tics moteurs : mouvements de la tête, clignement des yeux, grimaces... ;
  • des tics sonores : reniflements, cris, vocalises…

Parfois, la personne prononce de façon involontaire des mots grossiers. Cet aspect est l'un des plus connus de la maladie, mais ne touche qu'1 patient sur 10.

Des tics complexes peuvent se manifester chez certains patients : ils visent à imiter un geste, répéter des mots :

  • Ces tics se manifestent de façon intermittente et brusque ; ils échappent au contrôle du patient. Ils sont généralement exacerbés par le stress ou la fatigue.
  • Les premières manifestations de ce trouble surviennent généralement au cours de l'enfance ou de l'adolescence.
  • Les garçons sont plus fréquemment concernés que les filles ; on estime que la fréquence de la maladie est d'environ 1 personne sur 2000 au sein de la population.
  • Les tics sont fluctuants, avec des périodes de rémissions alternant avec des phases où ils sont plus présents. Les troubles s'améliorent généralement à l'âge adulte, mais peuvent persister chez un tiers des patients.

Troubles associés au syndrome

Les patients atteints par le syndrome de la Tourette présentent souvent d'autres troubles associés, comme par exemple :

  • des difficultés d'apprentissage ;
  • de l'hyperactivité ;
  • des accès de colère ;
  • des troubles obsessionnels compulsifs ;
  • des difficultés de sommeil...

Ce sont souvent ces motifs qui poussent à consulter, le syndrome étant alors découvert à cette occasion.

Causes du syndrome de la Tourette

Le syndrome Gilles de la Tourette a une composante génétique, il est plus fréquemement observé lorsqu'il y a des antécédents familiaux. Les gènes responsables n'ont pas encore été identifiés.

L'environnement intervient également : l'exposition à certaines susbtances, des événements traumatisants ou des infections contractées pourraient jouer un rôle dans l'apparition de la maladie.

Au niveau cérébral, le syndrome de la Tourette est lié à un dysfonctionnement au niveau de la communication entre les cellules nerveuses. Il impliquerait notamment un type de neurotransmetteurs, la dopamine.

Traitement du syndrome de la Tourette

Un traitement doit être envisagé lorsque les tics sont invalidants et qu'ils altèrent la qualité de vie de la personne. S'ils ne guérissent pas le patient, ils permettent de réduire l'intensité des manifestations de la maladie : l'objectif est une réduction de 40 % des tics.

Les médicaments prescrits peuvent être par exemple :

  • des agonistes dopaminergiques ou adrénergiques ;
  • des neuroleptiques :
    • classiques : halopéridol, phéniothazine...
    • rispéridone, olanzapine, aripiprazole... ;
  • des pscyhostimulants (méthylphenidate) ;
  • des antidépresseurs de la famille des tricycliques (clomipramine...).

Un soutien psychologique est souvent nécessaire pour accompagner les jeunes patients.

Pour les formes les plus graves du syndrome de la Tourette et en dernier recours, un traitement par stimulation cérébrale profonde est généralement efficace.

Pour en savoir plus :