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S'il est fréquent d'entendre parler de trouble de déficit de l'attention ou d'hyperactivité chez l'enfant, son existence chez l'adulte est largement méconnue. Elle est pourtant à l'origine de souffrances et de difficultés au quotidien.

Faisons le point sur cette affection.

TDAH : définition

Un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est une affection neurologique qui apparaît durant l'enfance. Dans un peu plus d'un cas sur deux, elle persiste à l'âge adulte. Elle se traduit par :

  • des difficultés à se concentrer, de l'inattention ;
  • de l'agitation ;
  • de l'impulsivité.

Une personne qui souffre de TDAH va ainsi avoir tendance à être étourdie, à avoir du mal à finir les tâches entreprises. Peinant à s'organiser, les activités complexes ou jugées ennuyeuses sont reportées au lendemain. Les émotions sont souvent difficiles à gérer, avec une impression d'être constamment « à fleur de peau ».

Le TDAH s'accompagne souvent d'une instabilité, qui se manifeste aussi bien dans l'activité professionnelle que personnelle.

Il existe trois sous-types particuliers de TDAH, qui peuvent coexister et évoluer selon d'une période à l'autre :

  • le type majoritairement inattentif ;
  • le type majoritairement hyperactif et impulsif ;
  • le type mixte, combinant les deux tendances précédentes, cas le plus fréquent.

L'hyperactivité n'est donc pas toujours présente dans le TDAH. Certaines personnes souffrant de ce trouble peuvent même apparaître apathiques aux yeux de leur entourage.

Causes du TDAH

Les techniques d'imagerie médicale comme l'IRM ont permis de montrer des particularités de fonctionnement et de l'anatomie dans certaines zones du cerveau chez les personnes atteintes de TDAH. Les niveaux de certains messagers chimiques, notamment la dopamine et la noradrénaline, sont également plus bas.

Le TDAH a une composante génétique, on le rencontre plus fréquemment dans certaines familles que dans d'autres. Une équipe de recherche en psychiatrie a confirmé la présence d'un facteur de risque commun entre l’hyperactivité/troubles de l'attention, la schizophrénie et les troubles bipolaires : une variation du gène SNAP25.

Il semble également que l'exposition à des produits toxiques au cours de la vie fœtale, ou que des problèmes survenant au moment de la venue au monde (privation d'oxygène, naissance prématurée, infection neurologique...) favorise son apparition.

TDAH : diagnostic

Le diagnostic de la maladie est souvent posé dans l'enfance, ce qui permet sa prise en charge précoce. Il arrive dans certains cas qu'il soit identifié plus tardivement, permettant à des patients adultes de comprendre enfin la source de leurs difficultés. Par exemple, un parent peut découvrir son trouble lorsqu'il est identifié chez son enfant.

Il n'existe pas d'examens médicaux spécifiques pour mettre en évidence le TDAH, mais une évaluation approfondie par un professionnel de santé spécialisé : psychologue, psychiatre, neurologue.

Un des outils utilisés est un questionnaire, s'intéressant à la fois aux comportements actuels et passés, basés sur les souvenirs de la personne et de ses proches, pour mettre en évidence les éléments clé du trouble.

Le professionnel de santé va également chercher à déterminer si son patient souffre d'autres troubles associés au TDAH, comme de l'anxiété ou une dépression, pour proposer une prise en charge globale.

Traitements du TDAH

Le TDAH peut plonger les personnes dans une grande souffrance et un repli sur soi. Il n'est pas rare d'observer le développement d'addictions (tabac, alcool, drogues...). S'il n'existe pas de traitement curatif définitif, il est possible de minimiser l'impact du trouble sur la vie des patients. Différentes approches sont possibles : la psychothérapie et particulièrement la thérapie cognitivo-comportementale.

Une approche médicamenteuse est également envisageable. Il existe deux grands types de médicaments spécifiques du TDAH :

  • les « non stimulants » : l'atomoxetine, mais qui a toutefois été retirée du marché français ;
  • les stimulants, qui augmentent la quantité de dopamine dans le cerveau ; il s'agit du méthylphénidate (comme la Ritaline® dont les prescriptions ont augmenté de 24 % ces dernières années mais qui ne fonctionne que chez 70 % des enfants) ou de médicaments à base d'amphétamines.

Parmi les effets secondaires de la Ritaline on retrouve des hallucinations, une dépendance ou encore un phénomène d'accoutumance. Par ailleurs, selon une étude cas-témoins chinoise, le méthylphénidate est associé à une multiplication par 4 du risque de crise d’épilepsie dans les 30 jours suivant l’initiation du traitement chez les patients atteints de TDAH, mais pas au-delà.

Lorsque le TDAH s'accompagne de troubles de l'humeur ou de l'anxiété, un traitement complémentaire peut être prescrit au patient (venlafaxine, bupropion...).

Pour aller plus loin :