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S'il est une phobie propre à l'époque actuelle, c'est bien la nomophobie. Elle touche nombre d'ados, mais pas seulement. Découvrons ensemble ce qu'est la nomophobie, ses symptômes et les solutions possibles pour y mettre un terme.

Nomophobie : qu'est-ce que c'est ?

La nomophobie (contraction de no mobil phobia) désigne la peur panique de ne plus disposer de son téléphone portable, et par extension, de son outil technologique. Ce trac ou cette anxiété - exagérément considérée comme une phobie - augmente chaque année. Depuis 2008, la nomophobie a progressé de près de 15 %. Cette dépendance crée de nouveaux besoins d'interactivité, si bien que le sujet entre dans une sorte de cercle vicieux.

Les personnes les plus accros à leur mobile ressentent un véritable manque lorsqu'elles sont privées de leur téléphone portable, de leur PC ou de leur tablette. En d'autres termes, être séparé de son smartphone a - pour les nomophobes - un impact considérable dans les domaines de l'émotion, de la cognition mais également au niveau physiologique.

La nomophobie, qui est une forme de cyberdépendance, a fait l'objet d'une étude très sérieuse dont le compte-rendu a été publié en janvier 2015. C'est d'ailleurs suite à cette étude que le terme nomophobie est né. Il en ressort que le nomophobe privé de téléphone mobile ressent un véritable vide, comme s'il avait perdu une partie de lui-même. C'est la raison pour laquelle on parle parfois de « soi connecté » dans la mesure où cet appareil est comme une extension de la personne elle-même.

Symptômes de la nomophobie

Pour savoir si vous souffrez de cette nouvelle névrose du siècle, il suffit de vous poser la question suivante : « Suis-je capable de passer 24 heures sans mon téléphone mobile ? ». Si la réponse est négative, vous souffrez sans doute de nomophobie.

Voici plus en détail les différents symptômes de la nomophobie :

  • Vérification extrêmement fréquente et à tout moment de la journée (ou de la nuit) de l'écran d'un smartphone ou autre téléphone portable, de sa tablette, de son ordinateur, afin de s'assurer qu'aucun appel, mail, mms ou sms n'a été manqué.
  • Hyperactivité sur les réseaux sociaux.
  • Surf à outrance sur le net, même sans but précis.
  • Usage du téléphone mobile pour toute vérification, que ce soit son compte sur un réseau social, une information de tout ordre via Internet, que l'on soit seul ou en compagnie.
  • État de panique lorsque la batterie menace de ne plus être suffisamment chargée, le compte est à cours de crédit, ou la connexion est de mauvaise qualité ou est impossible.
  • Perte de confiance en soi lorsque l'on est privé de son portable.
  • État d'angoisse lorsque l'appareil est éteint.

On constate que cette névrose s'impose partout puisque le nomophobe a recours à son portable au travail, en réunion, en cours, pendant un repas en famille ou entre amis, ou encore chez le médecin par exemple. Aucune situation n'y échappe. Les nomophobes les plus atteints mettent un terme à toute activité extérieure, d'autres peuvent même utiliser leur téléphone mobile dans les moments les plus intimes.

Dans les cas extrêmes, la nomophobie peut avoir des conséquences néfastes sur les performances mentales d'une personne, et être à l'origine d'une difficulté à anticiper une situation.

Un nomophobe est susceptible de s'enfermer peu à peu dans la solitude et rompt toute communication lorsqu'il est en société du fait qu'il utilise de façon abusive cet outil technologique.

Nomophobie : solutions

Vaincre la nomophobie passe immanquablement par une désintoxication volontaire. Il est fondamental de :

  • Prendre conscience de son niveau de dépendance.
  • Mettre en place des alertes en cas d'utilisation excessive de son téléphone portable comme de tout autre outil technologique.
  • Comptabiliser le temps passé sur Internet, réseaux sociaux compris : pour ce faire il est utile d'avoir recours à un logiciel compteur de temps. Ce contrôleur coupe la connexion Internet après une période définie. Différents produits sont accessibles, soit pour ordinateur, soit pour mobile.

En parallèle, il est tout aussi important :

  • de s'investir dans des activités sans aucun rapport avec Internet (art plastique, sport, jardinage, musique, sortie en famille et entre amis mais sans téléphone portable, etc.) ;
  • de consulter un psychothérapeute si besoin.