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L'automutilation pathologique est un trouble qui peut avoir des conséquences graves pour le sujet.

Quelles sont les différentes catégories d'automutilation, quels sont les causes et les symptômes et comment réagir ? Les réponses dans ce zoom.

Automutilation : comment se caractérise-t-elle ?

L'automutilation est un trouble du comportement qui s'exprime par le fait de s'infliger des blessures corporelles plus ou moins profondes. Cette forme de communication non verbale - dite aussi comportement langage - exprime une perception négative de l'environnement ou de soi.

Il s'agit d'un comportement complexe à caractère pathologique lorsque l'automutilation n'a pas de dimension culturelle ou religieuse exprimant l'appartenance à un groupe (marquage du corps chez les Indiens par exemple), ou esthétique (piercing, tatouages).

L'automutilation à caractère pathologique est répartie en trois catégories bien distinctes, à savoir :

  • L'automutilation modérée : le sujet s'impose des blessures superficielles sans mettre sa vie en danger. L'acte peut être épisodique ou répété.
  • L'automutilation stéréotypée : le sujet se porte des coups ou se mord. Cette catégorie d'automutilation concerne plus particulièrement les personnes autistes, celles qui présentent un retard mental ou encore un trouble psychotique sévère.
  • L'automutilation majeure : rarement répétitif, l'acte est impulsif et a lieu lors d'une crise psychotique. Le sujet peut s'infliger une blessure grave pouvant entraîner son décès, suite à la prise de drogue ou autre produit toxique. On retrouve par exemple des cas de castration, d'amputation, d'énucléation.

L'automutilation s'installe plus spécifiquement chez les jeunes âgés de 12 à 24 ans, mais la grande majorité des personnes concernées sont des adolescents.

Toutefois, ce syndrome peut toucher des adultes y compris des personnes âgées. C'est d'ailleurs dans cette dernière catégorie de sujets que l'on recense le plus grand nombre de blessures graves, voire de suicides.

Causes et symptômes de l'automutilation

L'automutilation pathologique est une attaque corporelle dont la cause peut être :

  • L'autopunition : le sujet retourne l'agressivité vers lui-même lorsqu'il est convaincu d'être indigne de l'amour de l'un ou de ses deux parents. Cette forme d'automutilation est souvent retrouvée chez les victimes d'abus sexuels ou d'autres traumatismes psychologiques. Certaines jeunes filles peuvent rechercher dans l'automutilation une propreté symbolique après avoir subi un viol.
  • La demande d'attention : l'automutilation permet dans ce cas d'exprimer une forte détresse.
  • Une souffrance psychique : le sujet ressent un grand mal-être. Il peut s'agir de colère, d'anxiété, de désespoir.
  • La recherche de sensations : les sujets présentant une défaillance identitaire cherchent leurs limites dans l'automutilation. Ce sont, dans la plupart des cas, des personnes ayant vécu des expériences douloureuses pendant l'enfance.
  • La peur de la sexualité : une cause d'automutilation que l'on retrouve chez les adolescents que l'apprentissage de la sexualité plonge dans l'angoisse.

Lorsque l'automutilation concerne un enfant, elle peut être liée à une psychose infantile.

Le sujet qui s'automutile a tendance à cacher son état à son entourage en portant des vêtements couvrants même si les températures sont très élevées. Cependant, d'autres signes peuvent alerter, parmi lesquels :

  • Une grande tristesse ou des crises de colère.
  • Une modification de l'attitude.
  • Une prise de poids soudaine.
  • Un isolement ou un repli sur soi.

Que faire face à un cas d'automutilation ?

Une prise en charge de la personne qui s'automutile est urgente, et plus encore lorsque les blessures qu'elle s'inflige sont graves au point de mettre sa vie en péril.

Selon les cas, le sujet peut :

  • Consulter son médecin généraliste.
  • Être suivi par un psychothérapeute qui adapte la méthode au cas de son patient (thérapie corporelle, thérapie individuelle ou familiale, thérapie cognitivo-comportementale, thérapie analytique, etc.).
  • Être hospitalisé.

Parallèlement au suivi, un traitement médicamenteux est généralement prescrit. L'approche pharmacologique est différente si le patient présente ou non d'autres troubles associés à l'automutilation (dépression, trouble bipolaire, psychose).

Peuvent être prescrits des antidépresseurs, un thymorégulateur, un antipsychotique.