Sommaire

Lorsque l'acte de dérober objets, vêtements et autre butin sans valeur devient une obsession, on parle de cleptomanie (ou kleptomanie).

Zoom sur ce trouble peu connu, ses causes, son diagnostic et les traitements possibles.

Cleptomanie : qu'est-ce que c'est ?

La cleptomanie se définit comme une pulsion irrépressible de dérober des objets, sans besoin réel et pas nécessairement par manque de moyens financiers. En règle générale, le cleptomane agit de façon spontanée et vole des objets sans valeur, non pour l'objet lui-même mais pour le plaisir ou le soulagement que l'acte lui procure.

Avant de commettre son méfait, le cleptomane ressent soit une tension, soit une excitation.

Au fil du temps, cette excitation s'amplifie et le cleptomane prend de plus en plus de risques.

La cleptomanie est souvent proche du trouble obsessionnel compulsif, en termes de fonctionnement. La dernière version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) classe la cleptomanie parmi les troubles du contrôle des impulsions.

Diagnostic de la cleptomanie

Lorsque la cleptomanie est insupportable pour le sujet sur le plan social, le cleptomane est particulièrement exposé au risque de suicide. Il est en tout cas indispensable de diagnostiquer ce trouble afin d'orienter le cleptomane vers une prise en charge.

Le diagnostic de la cleptomanie ne peut être posé qu'après s'être assuré que le sujet n'est pas un voleur dit ordinaire. Il convient également d'écarter qu'il ne s'agit pas d'un acte de rébellion isolé ou encore d'une manifestation maniaque en lien avec un trouble bipolaire.

Le psychothérapeute peut relever un ou plusieurs des points suivants :

  • faible estime de soi ;
  • frustrations non exprimées ;
  • antécédents de psycho-traumatismes.

Les critères suivants permettent de diagnostiquer une cleptomanie avérée :

  • tension croissante dans l'instant qui précède le vol ;
  • impossibilité de combattre l'impulsion de voler ;
  • sentiment de soulagement, de gratification voire de plaisir au moment du méfait ;
  • vol non dicté par un désir de vengeance ou la colère ;
  • vol commis sans besoin.

Traitement de la cleptomanie

À force de multiplier les vols, le cleptomane finit par être interpellé. Ce n'est qu'à ce moment qu'il ressent de la culpabilité et un sentiment de détresse.

L'interpellation donne souvent lieu à une prise de conscience importante qui pousse le cleptomane à souhaiter prendre le contrôle sur son comportement déviant. Ce qui est possible grâce à une thérapie.

La prise en charge de la cleptomanie permet au patient de rechercher, avec l'aide d'un psychothérapeute, l'origine de son malaise, de sa souffrance, de blessures intérieures.

Parallèlement à une thérapie cognitivo-comportementale et à une médiation dite de pleine conscience, une prescription d'antidépresseurs est fréquente.

Cleptomanie : qui est concerné ?

Tous les voleurs ne sont pas cleptomanes. Moins d'un quart des personnes interpellées pour ce type de méfait souffrirait de cleptomanie. Plus généralement, la cleptomanie concerne environ 0,5 % de la population.

Trois cleptomanes sur quatre sont des femmes âgées de 30 à 40 ans dont la situation sociale est confortable, voire aisée. 25 % d'entre elles sont boulimiques et 60 % présentent d'autres troubles psychologiques comme l'addiction aux psychotropes, la dépression. Mais ce trouble du contrôle des impulsions qu'est la cleptomanie commence généralement au cours de l'adolescence.

Ces pros peuvent vous aider