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La psychose infantile (aussi appelée dysharmonie évolutive quand elle ne touche pas tous les domaines du développement de l’enfant) fait partie de ce qu’on appelle les « Troubles Envahissants du Développement » (TED) et touche 6 enfants sur 1 000. Elle est difficile à diagnostiquer et relève d’une prise en charge spécialisée en pédopsychiatrie.

Le point dans notre article.

Qu’est-ce que la psychose infantile ?

Les Troubles Envahissants du Développement regroupent l'ensemble des troubles qui touchent la personnalité de l'enfant et, au-delà, ses relations avec son environnement extérieur mais également avec sa propre personne. Parmi les principaux troubles référencés figurent notamment l'autisme, le syndrome d'Asperger et bien sûr la psychose infantile.

Le diagnostic de psychose infantile est difficile et prend souvent plusieurs années d’observation. Dès l’âge de 3 mois, l’enfant peut commencer à présenter certains signes comme ne pas suivre du regard le visage de sa mère ou ne pas jouer avec son environnement. On retrouve souvent par la suite des difficultés de communication, des comportements inadaptés à la vie en société ou encore des troubles relationnels.

Les causes de la maladie sont encore floues. Il pourrait s’agir un problème dans la maturation du cerveau à cause d’une maladie physique, d’un problème pendant la grossesse ou l’accouchement, ou encore d’une origine génétique.

Psychose infantile : quels symptômes ?

La psychose infantile peut apparaître à des âges différents jusqu’à l’âge de 13 ans en moyenne. Plus la maladie va s'exprimer précocement plus la prise en charge sera difficile car les acquisitions de l’enfant auront été altérées très tôt et il aura du mal à les apprendre (cela peut concerner la propreté, le langage, ou bien le jeu).

Voici quelques symptômes en faveur d’une psychose infantile :

  • une absence de langage à 4 ans ;
  • l’enfant ne suit pas du regard le visage de sa mère après l’âge de 3 mois ;
  • une insensibilité à la douleur et l’impression que l’enfant est sourd alors que l’examen audiométrique est normal ;
  • une relation inadaptée avec la réalité avec des fantasmes magiques qu’il croit être la réalité ;
  • un retrait autistique (il ne joue pas avec les autres) ;
  • l’enfant ne joue pas avec les jouets autour de lui ;
  • il a du mal à exprimer de l’affection et des connaissances ;
  • des difficultés à communiquer ;
  • une relation inadéquate avec les gens.

Dans tous les cas, l'intelligence de l'enfant psychotique est normale, mais il ne s'en sert pas d'une façon adaptée, d’où sa difficulté à apprendre. Chez certains enfants, on retrouve des troubles des conduites sphinctériennes (pipi ou caca dans la culotte), des troubles de l'alimentation, de l’anxiété, des troubles du langage, des troubles psychomoteurs et du comportement ou même des automutilations (morsures).

Traitement de la psychose infantile

C’est d’abord le pédopsychiatre qui confirme le diagnostic après un entretien avec les parents et une période d’observation de l’enfant. La prise en charge dépend ensuite des symptômes et des informations recueillies auprès de l’enfant, de son entourage familial, scolaire et récréatif.

La psychothérapie permet à l’enfant d’apprendre à interagir avec les autres et avec son environnement. Une rééducation auprès d’un orthophoniste et d’un psychomotricien s’avère souvent nécessaire. Le pédopsychiatre peut parfois prescrire un médicament léger et transitoire pour aider l’enfant en cas d'agitation, d'anxiété ou d'insomnie. L'hospitalisation en milieu spécialisé dépend de la gravité des troubles et des possibilités du milieu familial.

Le pronostic est très variable. Souvent, lorsque la prise en charge débute suffisamment tôt, l'enfant peut rattraper son retard, surtout intellectuel.

Que devient la psychose infantile à l’âge adulte ?

La psychose infantile persiste à l'âge adulte. Environ 2/3 des enfants touchés seront lourdement handicapés à cause d’une déficience intellectuelle plus ou moins importante selon les cas. Une aide dans l’autonomie quotidienne est parfois nécessaire pour l'habillement, la toilette, ou l'alimentation.

Dans certains cas, la prise en charge nécessite des structures spécialisées (foyer spécialisé, hôpital psychiatrique) adaptées aux psychoses infantiles adultes. Une vie collective avec des activités stimulantes permet souvent de favoriser la socialisation, la conscience de soi et des autres.