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Un tic de langage est une habitude de langage, inconsciente que l'on utilise sans s'en apercevoir. Il reflète aussi les tendances à orienter son discours et révèlent ce qu’on aimerait parfois cacher.

Comment se caractérisent les tics, est-il possible de s'en débarrasser ? Nous faisons le point ensemble.

Qu'est-ce qu’un tic de langage ?

L’origine exacte du mot « tic » est incertaine mais pourrait venir de l’Allemand « ticken » qui signifie « toucher légèrement ». Le tic de langage est l’utilisation répétée de mots de façon réflexe ou automatique :

  • Ils sont inconscients et difficiles à maîtriser. Ils apparaissent d’autant plus lors d’une contrariété, d’un stress, ou d’une frustration.
  • La majorité des tics de langage ne sont pas graves et ils ont très peu d'effet sur la qualité de vie. Ils ne sont pas pathologiques et concernent tout le monde, tout au long de la vie, sans qu’ils ne deviennent un problème. Il n’y a donc pas d’anomalie physique quelconque pouvant expliquer ces tics.
  • Par contre, lorsqu’ils concernent des mots orduriers prononcés de façon inconsciente, à répétition, et au milieu d’une conversation qui n’a rien à voir, et/ou qu’ils sont associés à des tics moteurs (mouvements involontaires), il peut s’agir d’une maladie qui relève d’une prise en charge spécialisée.

Tics de langage : quels sont les plus fréquents ?

Un tic de langage est une expression inconsciente, répétée machinalement au cours d'un discours. C’est une formule toute faite qui peut combler un silence, une absence de mot, un embarras, renforcer la complicité au sein d'un groupe ou même masquer un mensonge.

Les tics de langage « s’attrapent » par mimétisme, plus ou moins conscient, dans la famille, à l’école, au travail ou entre amis. Certains sont plus subjectifs et personnels, reflétant une préoccupation profonde, un conflit intérieur, ou un trait de caractère.

On trouve plusieurs types de tics de langage :

  • Les tics qui convoquent : « si vous voulez », « tu vois ». Ils permettent d’associer l’interlocuteur mais aussi de le désengager.
  • Les tics rhétoriques : « Vous voyez ? », « Hein ? », « Qu'en penses-tu ? ». Ils traduisent un besoin constant de l'approbation de l'autre et un manque de confiance en soi.
  • Les tics qui minimisent le discours : « Un petit peu », « Je dis ça, je dis rien », « ou pas ». Ils sont utilisés quand on a du mal à assumer ou qu’on manque de confiance.
  • Les tics qui concluent le discours des « conclusiophobes » : « voilà », « c’est clair » qui permettent de trouver une chute, de combler un vide ou de ne pas se mouiller. 


Utilité des tics de langage

Les tics de langage ont plusieurs fonctions selon la personne, le moment ou le discours. Ils permettent de combler :

  • Un manque d’assurance : en terminant sa phrase par une question ou en mettant des guillemets, ils annulent une affirmation et donnent le sentiment que l’on n’est pas convaincu soi-même par ce que l’on dit.
  • Un besoin d'appartenance et reflète un marqueur générationnel, surtout chez les jeunes, au moyen d’un « code » utilisé par tel ou tel groupe.
  • Une pudeur émotionnelle : certains tics de langage trahissent la difficulté à exprimer ses émotions ou à confier ses sentiments. C’est parfois un réflexe de défense, une protection contre la honte, la timidité ou la gêne.
  • L'angoisse du vide et meublent le silence : ces tics peuvent trahir une certaine anxiété.
  • Une stratégie rhétorique afin de séduire son interlocuteur dans un esprit de respect et de bienveillance, ou de manipulation.

Tics de langage : comment s'en débarrasser ?

Afin de se débarrasser d’un tic de langage gênant, il faut déjà l’identifier, soi-même, ou suite aux remarques de son entourage. Ensuite, le meilleur moyen est d’aller à l’essentiel sans utiliser de synonymes et sans craindre les silences. Les temps de pause dans une conversation sont normaux et nécessaires car ils donnent du temps pour élaborer sa pensée.

Afin d’être efficace, il faut pratiquer et s’entraîner à l’oral autant que possible jusqu’à ce que la communication devienne spontanée et naturelle. Se concentrer sur l’instant présent et élaborer ses pensées permet de reprendre confiance en soi, d’assumer ses pensées et d’estomper ses automatismes plus facilement. 

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