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La névrose obsessionnelle, aussi appelée troubles obsessionnels compulsifs ou TOC, est une névrose qui se caractérise principalement par des obsessions suivies de rituels visant à les conjurer.

C’est une maladie qui touche plus souvent l'adolescent ou le jeune adulte. Faisons le point autour de ce sujet.

Qu’est-ce que la névrose obsessionnelle ?

La névrose obsessionnelle se caractérise par des obsessions et des compulsions :

  • Les obsessions sont des pensées envahissantes qui surgissent à répétition et génèrent souvent de la peur et de l’angoisse. Pour essayer de s’en débarrasser, la personne se sent obligée d’accomplir des gestes répétitifs ou des rituels que l’on appelle des compulsions.
  • Ces compulsions n’apportent souvent qu’un soulagement temporaire et le cycle obsession-compulsion reprend de plus belle. La personne se rend compte que ses obsessions et ses rituels n'ont aucun sens mais n’arrive pas à les arrêter.

Le TOC apparaît généralement à la fin de l’adolescence et au début de la vingtaine, bien qu’il puisse se manifester au cours de l’enfance ou plus tard à l’âge adulte. Il débute, dans la moitié des cas, pendant l’adolescence et il est plus rare qu’il s’installe après l’âge de 35 ans.

Les obsessions et les compulsions sont à l'origine d’une souffrance et d'une perte de temps considérable (en général plus d'une heure par jour). Les conséquences sur le quotidien se ressentent sur le travail, l’école, la famille ou les activités habituelles.

Symptômes de la névrose obsessionnelle

La névrose obsessionnelle se présente à la fois par des obsessions et des compulsions. Ces dernières sont réalisées en réponse aux obsessions. La personne en a conscience et fait tout pour lutter contre elles.

L'obsession est vécue comme une pensée intrusive, incontrôlable et génératrice d'angoisse. Elle fait irruption à tout moment. Le malade ne peut ni l'empêcher d'apparaître, ni la faire disparaître. Les plus fréquentes sont :

  • La peur de la contamination par des germes ou de la saleté. Elle entraîne des rituels de lavage des mains plusieurs dizaines de fois par jour, l’évitement du toucher avec les autres, le nettoyage de son bureau ou de son habitation en permanence.
  • Les pensées agressives comme des pensées de violence envers ses proches ou soi-même. La personne craint d’y céder et met en place des rituels pour ne pas y succomber.
  • Le besoin de symétrie et d'exactitude qui conduit à effectuer des opérations de rangement incessantes.
  • Les peurs physiques qui peuvent engendrer des vérifications dans le miroir pendant dans heures.
  • Les représentations sexuelles envers l’entourage.

La compulsion est une technique de rites mise en place pour lutter contre l’obsession. Ces compulsions prennent la forme de vérifications, de rituels de lavage, de rangement ou de comptage, de répétitions d’un mot ou d’une phrase.

Névrose obsessionnelle : quelles en sont les causes ?

Comme c’est le cas pour de nombreuses maladies psychologiques, la névrose obsessionnelle résulte de l’interaction de plusieurs facteurs biologiques, environnementaux et sociaux.

Les TOC sont liés à un déséquilibre du fonctionnement du cerveau qui influence les pensées, les émotions et les conduites. Les facteurs génétiques peuvent aussi jouer un rôle. Dans 50 % des cas, un autre membre de la famille souffre aussi de ce trouble.

Une certaine vulnérabilité psychologique peut aussi être en cause. La personnalité obsessionnelle et/ou des événements à l'origine d'un stress peuvent déclencher une névrose obsessionnelle.

Névrose obsessionnelle : traitements possibles

La névrose obsessionnelle peut parfois être confondue avec des maladies physiques ou d’autres névroses. Il est donc important de consulter le médecin traitant ou un psychiatre pour confirmer le diagnostic :

  • Il faut du temps pour lutter contre une névrose obsessionnelle, les psychothérapies cognitivo-comportementales sont recommandées pour aider à lutter contre les obsessions et les rituels. Lorsqu’il s’agit d’un enfant, une thérapie familiale doit également être envisagée pour que chacun puisse aider.
  • La famille a aussi un rôle très important à jouer pour aider la personne souffrant de TOC et pour ne pas aggraver le problème. Il s’agit avant tout de ne pas entrer dans les obsessions et de ne pas accomplir ses rituels pour la soulager. Il est préférable d’accompagner pas à pas dans les progrès et de toujours valoriser les efforts.  
  • Le médecin peut parfois recommander l’utilisation de médicaments (antidépresseurs et anxiolytiques) pour soulager l’anxiété.

Dans le cas de TOC sévères ou résistants aux traitements, différentes techniques comme l'électrostimulation, la stimulation cérébrale profonde (qui consiste à implanter des électrodes dans le cerveau et à les relier à un stimulateur qui délivre un courant électrique) ou encore la stimulation magnétique transcranienne (qui envoie une impulsion magnétique indolore au moyen d'une bobine) ont été expérimentées avec des résultats encourageants.