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L’électrochoc, que l’on appelle aussi l’électro-convulsivothérapie (ECT) ou la sismothérapie, est une technique inventée dans les années 40 qui permet de traiter de nombreuses maladies mentales.

Même si elle peut être impressionnante, son efficacité est identique à celle de nombreux médicaments utilisés en psychiatrie. Qu'est-ce qu'un électrochoc et quelle est son efficacité ? Réponses maintenant.

Qu’est-ce que l’électrochoc ?

L’électrochoc consiste à provoquer une crise d’épilepsie chez une personne atteinte d’un trouble psychiatrique au moyen d’un courant électrique d'intensité variable sur le crâne.

Elle pousse le cerveau à libérer des neurotransmetteurs qu’il n’arrive pas à libérer en quantité suffisante et qui assurent le bien-être mental. Il fonctionne ainsi de la même manière que les antidépresseurs :

  • La technique actuelle n’a plus rien à voir avec les décennies précédentes. Un accord du patient est toujours demandé en préalable. Ensuite, une séance s’effectue toujours avec une anesthésie générale très brève.
  • Le médecin anesthésiste administre au patient du curare, un médicament qui empêche les contractions musculaires et donc les mouvements des membres et de la tête.
  • Un courant électrique est alors envoyé dans le cerveau pendant 3 à 6 secondes. Il provoque une sorte de crise d'épilepsie qui dure de 20 à 25 secondes (on peut la mesurer grâce à l’électro-encéphalogramme).
  • Ce type de chocs électriques ne provoquent pas de dommages dans le cerveau. Le seul risque est lié à l'anesthésie générale et les effets secondaires sont des petites pertes de mémoire juste après les séances.

Une cure d’électrochocs contient en générale 6 à 12 séances, avec une fréquence de 2 à 3 séances par semaine. Chaque séance dure une dizaine de minutes environ.

Cure d'électrochocs : indications

L’action précise des électrochocs sur le cerveau n’est pas encore clairement identifiée. Les recherches montrent que la décharge électrique stimule les neurones et favorise la mise en place de nouvelles connections.

Ce sont ces nouvelles connections qui ont un impact direct sur certains troubles psychiatriques :

  • La dépression majeure : on utilise les électrochocs en première intention lorsque la maladie est sévère (risque suicidaire important par exemple) ou en deuxième intention lorsque les traitements médicamenteux ont échoué.
  • Les accès maniaques du trouble bipolaire : les électrochocs sont utilisés en cas d’échec des traitements régulateurs de l’humeur ou d’agitation mal contrôlée.
  • La schizophrénie : les électrochocs sont alors associés aux neuroleptiques lorsque ceux-ci sont insuffisamment efficaces et qu’il y a un risque de passage à l’acte.
  • Parfois dans certains troubles de l’humeur sévères en lien avec des maladies physiques comme la démence, le sida, ou la maladie de Parkinson.

L’indication est toujours posée par un psychiatre. Les cures d’électrochocs sont pratiquées le plus souvent dans les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU).

Efficacité des électrochocs

L’amélioration est en général observée dès les 6 à 10 premières séances :

  • Si ce n’est pas le cas, le traitement est considéré comme inefficace et n’est donc pas poursuivi.
  • En cas d'amélioration, la durée du traitement est fixée au cas par cas, en fonction de l'évolution. Elle est souvent d'une vingtaine de séances.

Les études scientifiques ont montré une amélioration de 85 à 90 % sur les dépressions majeures. Cette efficacité est égale aux antidépresseurs mais avec un délai souvent plus court.

Aucune étude n'a réussi à démontrer l'efficacité à long terme de l’électrochoc. C’est pourquoi les psychiatres recommandent de poursuivre avec des séances d’entretien ou de prendre le relais avec un traitement médicamenteux.

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