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Atteindre l’âge de 50 ans est un petit événement en soi : un demi-siècle sur Terre, ce n’est pas rien.

Mais il n’est pas rare que des personnes éprouvent ce qu’on appelle communément la crise de la cinquantaine (plusieurs milliers de personnes chaque année). Cette crise existentielle est une phase de transition perturbante et entraîne un certain nombre de remises en question.

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Mais essayons d’en apprendre davantage sur ce moment charnière de notre existence.

Crise de la cinquantaine chez l’homme et chez la femme

La crise de la cinquantaine (ou crise du milieu de la vie) survient en moyenne entre 45 et 55 ans, mais plutôt au passage de la dizaine (de 49 à 50 ans).

Elle peut concerner aussi bien les hommes que les femmes et peut durer plusieurs années (un peu comme une crise d’adolescence).

Chez la femme

Néanmoins, elle se manifeste différemment, notamment parce qu’à cette période les femmes peuvent être confrontées à la ménopause et à ses conséquences biologiques mais aussi psychologiques, si elles se sentent moins désirables dans le regard de l’homme.

Certains jugent que cette crise dure entre 2 et 5 ans chez la femme.

Chez l’homme

L’homme, lui, ne vit pas ces perturbations hormonales et reste capable de procréer toute la vie, ce qui peut participer à lui voiler la face sur le fait qu’il vieillit.

Certains jugent que cette crise dure entre 3 et 10 ans chez l’homme.

Différente chez tout le monde

Outre les différences hommes-femmes, la crise de la cinquantaine concerne chaque personne différemment en fonction de son vécu et de sa personnalité.

En fonction de la manière dont on a géré les crises précédentes (adolescence et passages de la trentaine et de la quarantaine), la crise de la cinquantaine sera plus ou moins importante (elle sera plus marquée chez ceux qui ont peu évolué au cours des précédentes).

Facteurs favorisants la crise de la cinquantaine

Plusieurs facteurs favorisent la survenue d’une crise de la cinquantaine :

  • la difficulté à définir des priorités entre ce qui indispensable pour soi, dans la vie, et les éléments secondaires de moindre importance ;
  • la tendance à se tourner vers le passé plus que vers l’avenir, notamment en raison de l’absence de projets (ce qui s’explique notamment par la difficulté à être capable de vivre de nouvelles expériences) ;
  • la sensation d’être pris par le temps, un sentiment d’urgence (« si quelque chose doit changer c’est maintenant ou jamais »)  ;
  • un élément déclencheur tel qu’une maladie, le décès d'un proche, le départ des enfants qui prennent leur indépendance (a fortiori si un des parents a choisi de délaisser sa carrière pour les élever)…

Crise de la cinquantaine : quels symptômes ?

Dans les premiers temps, la crise de la cinquantaine va se traduire par un trouble, un sentiment de malaise difficile à définir et progressivement une grande lassitude et de l’irritabilité. Puis apparaît le besoin d'autre chose, comme si sa vie, finalement, ne convenait pas.

Avec de la nostalgie, il n’est pas rare que les personnes se cherchent en :

  • faisant en sorte de se rajeunir : en changeant de style vestimentaire, en augmentant le budget cosmétique ;
  • se mettant à la pratique d’un nouveau sport ;
  • achetant une nouvelle voiture, etc.

Pourtant, excepté chez les personnes véritablement bouleversées par cette « crise » et qui vont faire voler leur vie en éclat, ce passage est l’occasion de se concentrer un peu plus sur les besoins essentiels.

Séparation

Néanmoins, on observe de nombreuses séparations à cette étape de la vie, le partenaire aspirant parfois à de nouvelles choses. Cela s’explique soit par une routine qui s’est installée dans le couple, soit la peur de perdre l’autre, ce qui exacerbe les tensions avec manque de confiance et jalousie.

Mais tromper l’autre est souvent une grossière erreur car cela ne règle pas le problème qui est identitaire.

Changement

Généralement, les personnes ont tendance à changer, notamment de comportement, et elles vont presque toutes seules définir de nouvelles priorités.

Cela sera très mal vécu par le partenaire d’autant qu’il est presque impossible de raisonner la personne. Ce changement est généralement perçu comme une trahison, la personne n’étant plus « comme avant ».

Déprime

Mais il arrive aussi que le passage à 50 ans entraîne une véritable dépression. C’est parce qu’on cherche à se sentir plus « vivant » et plus heureux sans savoir trop comment s’y prendre que cette crise identitaire constitue un cap à franchir.

De façon générale, lorsqu’on a environ 50 ans et qu’on se sent déprimé et mal dans sa peau alors qu’objectivement tout le monde dirait de nous qu’on a une vie épanouissante, il y a fort à parier qu’on soit en pleine crise de la cinquantaine.

Comment traverser sereinement la crise de la cinquantaine ?

Bien entendu, les conseils ci-dessous peuvent ne pas s’appliquer aux personnes qui se posaient déjà les bonnes questions depuis des années et qui y ont déjà répondu ou fait un travail sur elles-mêmes.

Les éléments qui suivent s’adresseront donc davantage aux personnes qui, brusquement, se trouvent confrontées à la crise du milieu de la vie et qui sont bouleversées.

Pour soi

Pour bien vivre ce passage de la vie il est important d’une part de prendre conscience du fait qu’on vit un trouble, d’autre part de prêter attention à ses besoins profonds qui demandent souvent un changement intérieur. Il ne s’agit pas de tout envoyer valser, bien au contraire. Encore, une fois, c’est intérieurement que le changement doit s’opérer.

Ce qu’il faut à tout prix éviter c’est de s’obstiner à ne rien changer si les choses vont mal, si on se sent mal dans sa peau.

Au contraire, il faut :

  • d’une part se poser, s’écouter et accepter que plusieurs choses ont changé : notre vie en générale, nos relations avec les autres (famille, couple, amis, travail), notre corps ;
  • d’autre part se demander ce dont on a besoin, ce qui est vraiment important pour nous à ce stade de la vie, c’est à dire définit ses priorités dans ses valeurs (carrière, famille, etc.) ;
  • penser au futur afin de déterminer des objectifs ou mettre en place des projets qui vous tiennent à cœur et vous donnent envie de tout faire pour les atteindre (il peut aussi s’agir de reprendre des projets qui avaient été laissés de côté).

Il n’est pas rare que ce temps de réflexion s’accompagne d’angoisse et de stress. Pour mieux le supporter, il est important :

  • de se dire que nous allons y survivre, que, comme tout le reste jusque-là, nous allons surmonter ce « mauvais moment à passer » ;
  • de se laisser un peu de temps pour assimiler ce changement et même mieux, profitez du temps dont vous disposez ;
  • d’en parler à son entourage (conjoint, famille, amis), les gens du même âge vivant certainement plus ou moins les mêmes choses que vous.

Cela s’accompagne souvent d’un recentrage et du besoin de davantage de spiritualité et de réflexion sur le sens de la vie. Ce besoin vient de lui-même, naturellement, sans qu’on y prête véritablement attention.

Cela peut également se traduire par l’apparition d’aspirations artistiques (peinture, théâtre, etc.) qui jusque-là avaient été sinon niées, du moins mises en suspens.

Il faut aussi garder en tête qu’il nous reste probablement encore 30 ou 40 ans à vivre. Ce n’est pas rien !

Pour l’autre

Si c’est le (la) partenaire qui vit mal sa cinquantaine, cela retentit souvent sur le couple. D’ailleurs il n’est pas rare qu’une routine se soit installée, ce qui peut être à tort assimilé à un manque d’amour.

Il est possible d’améliorer les choses en donnant un nouveau souffle à la relation. Il peut s’agir de choses simples comme des escapades imprévues, des moments de bien-être, de détente ensemble, etc.

Pour soutenir votre partenaire il est important :

  • de lui laisser le temps et la possibilité de réfléchir sur sa vie ;
  • d’établir un cadre (des règles de comportement) permettant d’éviter le changement radical ;
  • de faire en sorte d’être là pour pouvoir renforcer la complicité du couple.

C’est ce savant dosage, ce fragile équilibre, qu’il faut parvenir à mettre en place. Cela n’est pas évident mais il faut en tout cas éviter de menacer de quitter l’autre. Il faut plutôt essayer de le soutenir même si cela reste compliqué.

La communication et la complicité entre les partenaires est essentielle. Cela permet de définir ensemble des envies et des projets communs afin d’avancer ensemble dans la même direction. Il est important de se fixer de nouveaux objectifs et éviter de trop regarder en arrière dans la mesure où on semble avoir tout accompli mais qu’on ne se sent toujours pas pleinement heureux.

Crise de la cinquantaine : se faire aider

Il s’agit de grandes lignes directrices parfois difficiles à mettre en pratique et il ne faut pas hésiter à se faire aider.

Il existe aujourd’hui divers thérapeutes qui peuvent venir en aide aussi bien aux personnes seules qui cherchent à traverser cette crise de la cinquantaine car ils éprouvent un sentiment de mal être qu’aux couples qui sentent que la tension devient véritablement problématique.

Il est donc possible de s’adresser à un psychothérapeute, un coach ou un groupe de parole.

Il faut quoi qu’il en soit garder à l’esprit que les choses vont se faire petit à petit. Il faut savoir faire preuve d’un peu de patience pour qu’elles évoluent en profondeur mais en douceur pour nous amener de ce que nous étions à ce que nous serons (ou à ce que nous souhaitons devenir).

Après 50 ans

Vient naturellement se poser la question de ce que peut apporter la vie après 50 ans. En principe, l’expérience, et la sagesse qui l’accompagne, amène à répondre à de nouvelles questions existentielles telles que :

  • Quelle trace vais-je laisser de mon passage sur Terre ?
  • Qu’ai-je à transmettre ?
  • Que vais-je faire du temps qui me reste ?