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La laxophobie est une forme de phobie : il s’agit de la peur d’avoir la diarrhée, surtout en public et loin de chez soi. Le laxophobe souffre souvent d’une colopathie associée qui ne fait qu’aggraver ses symptômes. Ce trouble très handicapant nécessite souvent une prise en charge psychologique et gastro-entérologique.

Le point dans notre article.

Laxophobie : qu'est-ce que c'est ?

La laxophobie est un trouble psychologique relativement fréquent, appartenant aux phobies. Elle se caractérise par la peur d’avoir une diarrhée et de ne pas arriver à se retenir le temps de trouver des toilettes. Elle touche plutôt les femmes (aux 2/3), et se manifeste surtout en dehors du domicile, lorsque l’accès aux toilettes est incertain.

Le laxophobe angoisse beaucoup à cette idée et se focalise dessus, au point d’anticiper ses déplacements de façon très anxieuse. Certaines formes sévères empêchent même la personne de sortir de chez elle, par peur d’un épisode de diarrhée. Une telle peur peut engendrer des attaques de panique, mais aussi des constipations sévères, une colopathie ou même des diarrhées impérieuses du fait de l’irritation intestinale.

Un évènement traumatisant dans l’enfance, ou une personnalité particulièrement anxieuse et phobique, peuvent être à l’origine de ce trouble. Progressivement, un cercle vicieux se met en place car l’intestin s’irrite et peut déclencher des douleurs ou des troubles du transit qui ne font qu’aggraver la phobie. C’est pourquoi une prise en charge globale, alliant la psychologie et la gastro-entérologie est nécessaire.

Caractéristiques de la laxophobie

La laxophobie, tout comme les autres phobies, se caractérise par une anticipation anxieuse d’un évènement (la diarrhée dans ce cas) et des comportements d’évitement. Le laxophobe est convaincu qu’un épisode de diarrhée va arriver et qu’il ne pourra pas se retenir. L’idée de faire sur lui, surtout en public, l’angoisse énormément.

Pour éviter ce qu’il redoute, il met en place plusieurs rituels :

  • Aller à la selle pour se vider ou vérifier qu’il est propre.
  • Changer son alimentation pour éviter les accidents.
  • Garder des pantalons ou des sous-vêtements de rechange sur lui.
  • Se retenir pendant des jours d’aller aux toilettes lorsqu’il n’est pas chez lui.

La diarrhée et les selles en général, deviennent une obsession qui occupe ses pensées au quotidien. La phobie envahit alors toute la vie du laxophobe qui ne sort plus de chez lui, déprime et devient irritable envers ses proches qui ne comprennent pas son mal-être.

D’autres phobies peuvent aussi apparaître (phobie sociale, émétophobie) et même des troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie.

Quel est le traitement de la laxophobie ?

Le traitement de la laxophobie associe une prise en charge psychologique et gastroentérologique. Dans un premier temps, il convient toujours de faire un bilan physique, pour s’assurer qu’il ne s’agisse pas d’une maladie intestinale comme une MICI (Maladie Inflammatoire Chronique de l’Intestin) par exemple.

Le traitement physique comprend des examens complémentaires (comme une coloscopie par exemple), et la prescription de traitements médicamenteux au cas par cas, ainsi que des probiotiques pour restaurer la flore intestinale. Des antidépresseurs et des anxiolytiques sont parfois nécessaires dans un premier temps pour favoriser la psychothérapie.

Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) sont particulièrement efficaces pour diminuer l’anxiété et libérer la personne de ses obsessions. Un travail sur la confiance en soi, et la peur de perdre le contrôle est essentiel.

D’autres thérapies alternatives trouvent aussi leur place, comme l’hypnose, la sophrologie, ou la relaxation par exemple.