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Le syndrome de Cotard (ou délire des négations) est une maladie psychiatrique rare qui se traduit par des délires observés au cours de graves dépressions et de certaines formes d’hypocondrie.

Apprenez tout ce qu’il y a à savoir sur le syndrome de Cotard dans cet article.

Qu’est-ce que le syndrome de Cotard ?

Le syndrome de Cotard est un trouble psychiatrique rencontré au cours de certaines dépressions mélancoliques et qui se traduit par un état délirant.

Dans celui-ci, outre une profonde mélancolie, le malade :

  • peut se sentir immortel ou se croire déjà mort (dans un cas comme dans l’autre il considère qu’il ne peut pas mourir) ;
  • peut se croire maudit (culpabilité délirante) ;
  • peut se sentir infesté, souillé et capable de contaminer les autres d’un simple regard ;
  • présente une négation d’organe caractéristique : il pense qu’il n’a plus d’organes (plus de cœur ou de tube digestif par exemple) ou encore qu’ils sont en train de pourrir.

D’une façon générale, le patient présente des troubles hypocondriaques et cénesthésiques (sensation que l’on a de son corps grâce à la perception même faiblement consciente de ses organes). Toutefois, contrairement à l’hypocondrie, dans le syndrome de Cotard le patient ne pense pas pouvoir être soigné.

Ces troubles s’associent à :

  • une profonde anxiété ;
  • des hallucinations visuelles ;
  • une insensibilité physique et morale (stupeur) ;
  • une forme atténuée de mégalomanie (délire d’énormité, la personne croyant que son corps devient trop grand pour elle) ;
  • des mutilations volontaires ;
  • des tentatives de suicide (très fréquentes).

Conditions d’apparition du syndrome de Cotard

Le syndrome de Cotard étant un ensemble de symptômes, il fait son apparition dans le cadre d’autres pathologies, dans un contexte dépressif et anxieux.

On le retrouve donc en cas de dépression anxieuse, d’états confusionnels, de troubles mentaux divers (accès mélancolique et schizophrénie notamment) ou de pathologie neurologique. Néanmoins, il peut aussi se retrouver suite à un violent traumatisme physique.

Quoiqu’il en soit, il peut apparaître de façon brutale, inattendue, les personnes âgées et les femmes étant les plus concernées.

Le syndrome de Cotard serait dû à un dysfonctionnement cérébral affectant deux structures cérébrales proches :

  • une zone de l’aire temporale (gyrus temporal latéral, à la face inférieure du lobe temporal) qui permet entre autres de reconnaître les visages ;
  • l’amygdale (région antéro-interne du lobe temporal) qui gère les émotions.

L’atteinte de ces deux régions du cerveau se traduit par l’absence de reconnaissance de visages familiers et même de son propre visage et l’absence d’émotions.

Conséquences du syndrome de Cotard

Bien entendu, les personnes qui souffrent de ce syndrome sont gravement malades et elles ne se sentent pas bien dans leur peau. Par ailleurs, toute vie sociale normale est rendue impossible.

Dans la mesure où les patients se croient déjà morts ou inexistant ils peuvent se laisser aller et ne plus du tout prendre soin d’eux : ils ne se lavent plus, ne s’alimentent plus, ne vont plus à la selle, etc. avec toutes les conséquences que cela suppose.

D’autres peuvent au contraire manger tout et n’importe quoi, des trombones, des clous…

Traitements efficaces contre le syndrome de Cotard

Letraitement du syndrome de Cotardcommence par le traitement de la pathologie psychiatrique qui en est responsable avec une indispensable prise en charge psychologique.

En parallèle, des traitements se révèlent efficaces pour lutter contre le syndrome de Cotard. Il est ainsi réversible avec :

  • des médicaments antidépresseurs ;
  • l’électroconvulsivothérapie (ou ECT, c’est-à-dire traitement par électrochocs) en cas d’échec des psychotropes ou s’il existe un risque vital (toutefois elle ne permet pas de prévenir les suicides).

Dans tous les cas, les personnes souffrant du syndrome de Cotard doivent être accompagnées et soutenues par leur entourage. En effet, un des éléments essentiels de la guérison est la relation à l’autre, la personne devant se sentir exister. Il faut donc stimuler le malade en lui proposant des activités, des sorties, etc.

L’art-thérapie peut aussi être d’une grande aide pour certains patients. En effet, comme le souligne un rapport de l'OMS, pratiquer des activités artistiques peut être bénéfique pour la santé mentale et physique et peut servir à compléter ou améliorer les protocoles thérapeutiques dans les structures de soins de santé.