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Le syndrome du sauveur est un trouble psychologique qui se traduit par une empathie excessive à l’égard des autres et une envie de les aider dans toutes les situations. Parfois qualifié de « codépendance », ce trouble trouve son origine dans l’enfance. Un travail psychologique sur soi-même permet de repérer les symptômes et de changer son fonctionnement relationnel. Le point tout de suite.

Qu’est-ce que le syndrome du sauveur ?

Le syndrome du sauveur, ou ce sacrifice permanent au bénéfice des autres, force parfois l’admiration de l’entourage. Cependant, même si le « sauveur » a des capacités altruistes, ce syndrome démontre le besoin de recevoir une gratitude permanente pour exister. On parle de syndrome du sauveur lorsque ce besoin d’aider l’autre conditionne la relation.

Les causes d'un tel comportement remontent le plus souvent à l’enfance. La plupart des sauveurs ont été les « parents » de leurs parents ou d’un membre de leur famille touché par une dépression, une addiction, ou un décès par exemple. Ils ne savent se sentir aimé qu’en prenant soin des autres. On trouve d’ailleurs beaucoup de « sauveurs » parmi les soignants.

Pourtant, certains d’entre eux plongent dans la dépression, l’épuisement et la frustration car ils ne savent pas s’occuper d’eux-mêmes, ni exprimer leurs besoins. Un tel comportement peut aussi engendrer des conflits avec l’entourage qui n’a rien demandé de tel.

Symptômes du syndrome du sauveur

Le syndrome du sauveur peut toucher n’importe qui sans distinction d’âge, de sexe ou de catégorie socio-professionnelle. Vouloir aider les autres est sain et nécessaire.

Seulement, dans le cas du « sauveur », cette altruisme est disproportionné et dépasse l’autonomie et les besoins de l’autre. Le besoin d’aider est permanent et touche tous les domaines. Le sauveur ne sait pas demander de l’aide pour lui et s’enferme dans sa souffrance.

Pour parler de syndrome du sauveur, il faut :

  • Une tendance à porter secours dans toutes les situations (travail, famille, amis).
  • Une volonté de solutionner les problèmes des autres.
  • Une attirance pour les personnes en souffrance, angoissées ou dépressives.
  • La volonté d’améliorer la situation des autres, d’apporter de l’aide ou de changer les choses pour eux.
  • Un mal être, souvent caché, de cette situation.

Même si le comportement du sauveur peut passer pour de la générosité, la souffrance intolérable de l’autre, est en réalité le reflet douloureux de sa propre souffrance.

Le sauveur se perçoit comme une victime qui peut toujours faire mieux pour sauver, alors qu’en réalité, il s’enfonce dans la paranoïa et la dépendance aux autres. Son entourage le perçoit comme tyrannique et persécuteur.

Syndrome du sauveur : les causes

Le syndrome du sauveur trouve son origine dans l’enfance.

Il s’agit souvent d’enfants ayant été « parentifiés », c’est-à-dire qu’ils ont joué le rôle de parent pour leurs propres parents ou pour un membre de leur famille (frère, sœur, cousin).

Il s’agit d’une blessure narcissique que le sauveur comble grâce à l’aide qu’il donne. Ce retour positif le valorise et le fait exister.

Que faire en cas de syndrome du sauveur ?

Pour se sortir de ce cercle vicieux, le sauveur doit prendre conscience de son trouble et de son origine probable. Une remise en question est nécessaire pour comprendre que cette aide n’est pas seulement liée à une empathie et à une générosité.

Se sentir indispensable auprès des autres apporte un sentiment de toute puissance qu’il est important de reconnaître. Cette valorisation narcissique peut se retrouver ailleurs. Dans un premier temps, identifier ses propres besoins et son incapacité à recevoir des autres amorce le changement.  

Cela implique parfois une remise en question de toute une vie (conjoint, famille, travail, amis). Le sauveur doit accepter et faire le deuil de ce qu’il n’a pas pu sauver quand il était enfant. Se concentrer sur ses propres besoins, se valoriser et travailler sa confiance en soi permet de lâcher prise progressivement et d’accepter l’aide des autres, tout en se libérant de la dépendance.