Bienfaits et applications de la musicothérapie

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La musicothérapie est une médecine douce qui utilise la musique, les sons et les rythmes comme des outils thérapeutiques. Sans prétendre soigner de bout en bout des pathologies lourdes, la musicothérapie constitue une approche originale permettant de traiter divers problèmes de santé et de soulager certaines douleurs . Découvrez-en un peu plus sur cette thérapie alternative.

Champs d’application de la musicothérapie

La musicothérapie est indiquée pour traiter (ou tout en cas soulager) un grand nombre de troubles plus ou moins graves.

Ainsi, la musicothérapie est intéressante pour :

  • calmer l’anxiété et donc certains symptômes qui y sont liés (hypertension, troubles du sommeil, maux de tête, etc.) ;
  • favoriser le sommeil (lutter contre l’insomnie) en aidant à se détendre ;
  • soulager des douleurs, y compris chroniques (ce qui, indirectement et sur avis médical, permet de diminuer les doses de médicaments) ;
  • aider au développement des bébés (la musicothérapie est également très intéressante dans le cadre des soins en néo-natalité pour calmer les prématurés) et aider les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage (en cas d’hyperactivité par exemple) ;
  • chez les enfants qui présentent des troubles du langage, apprendre (avec le chant) à articuler correctement les sons, à mieux gérer leur phrasé et à contrôler leur respiration ;
  • améliorer l’humeur et lutter contre la dépression ;
  • améliorer l’activité physique et cognitive, ce qui est notamment utile dans le cadre de la maladie de Parkinson ;
  • participer à la prise en charge des troubles autistiques (les stimuli sonores ont tendance à rassurer les autistes et ils diminuent l’anxiété liée à l’environnement) ;
  • contribuer à améliorer la qualité de vie des personnes schizophrènes en améliorant le comportement socioaffectif ;
  • soulager certains symptômes liés à la démence, elle va notamment retarder les effets de la maladie d’Alzheimer (même si la progression de la maladie est pratiquement inéluctable).

Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive.

Musicothérapie en pratique

En pratique, une séance de musicothérapie débute comme n’importe quelle consultation par une anamnèse. Le praticien prend connaissance du motif de consultation puis évalue avec le patient ses besoins et ses objectifs. Si nécessaire, il lui expliquera le fonctionnement de la méthode et le déroulement de la séance (qui dure entre 20 et 45 minutes).

Selon le choix du praticien (en fonction des objectifs qui ont été fixés), le patient pourra :

  • Être amené à choisir un instrument, à improviser un morceau, à chanter, à taper des rythmes ou à émettre des sons afin de pouvoir s’exprimer librement ; c’est une première étape qui permet au praticien de définir une approche plus globale et de planifier le traitement ; cette première technique peut être à rapprocher de l’art-thérapie.
  • Écouter une musique destinée avoir une action sur l’état de santé en amenant une détente, un soulagement de douleur ou au contraire un plus grand dynamisme par exemple. Le programme sonore est établi par le praticien après l’entretien et un test de réceptivité musicale.

Généralement, ce sont trois extraits musicaux qui sont proposés. Le premier est volontairement assez proche du rythme cardiaque et riche en harmonies. Dans un second temps le rythme est ralenti avec des sons simplifiés. Enfin, la dernière séquence repart sur un rythme plus élevé avec un tissu musical riche.

Il existe toutefois de très nombreuses approches qui permettent des variations de toutes sortes tant sur la forme que prennent les séances et les méthodes employées que sur les objectifs visés. Certains thérapeutes, par exemple, utiliseront des appareils permettant de filtrer des sons et d’en varier l’amplitude tandis que d’autres choisiront des œuvres musicales adaptées à la personnalité du patient. Il n’existe donc pas de méthode standard.

Efficacité de la musicothérapie

Si les recherches médicales concernent la musicothérapie sont difficiles à interpréter, certaines sont sans équivoques.

Bien qu’elle ait été réservée aux psychothérapeutes à ses débuts, la musicothérapie s’est progressivement démocratisée ; aujourd’hui, outre la multitude de formations privées qui existent, les universités de la Sorbonne, Montpellier et Nantes proposent elles aussi une formation de musicothérapie donnant accès à un master.

Améliorer l’humeur

Toutes les études concluent que la musicothérapie est extrêmement efficace pour améliorer l’humeur. C’est dans le cadre hospitalier que les effets sont le plus probant, l’effet positif de la musique sur les patients hospitalisés ayant été démontré. Ainsi, elle améliore l’humeur aussi bien des patients et de leur entourage que celui du personnel soignant (en soins intensifs ou de longue durée).

D’un point de vue strictement médical, la musique facilite les autogreffes.

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Réduire l’anxiété

L’efficacité de la musicothérapie a également été établie pour réduire l’anxiété. Plusieurs essais cliniques rapportent les effets bénéfiques de cette technique auprès de patients hospitalisés, y compris en soins palliatifs. Elle est utilisée avec succès avant et après les interventions chirurgicales mais aussi dans le cadre du traitement des lombalgies chroniques, des troubles pulmonaires ou cardiaques puisqu’elle aide les patients à se détendre.

Soulager la douleur

Là où la musicothérapie se révèle également très efficace, c’est dans la prise en charge de la douleur. Grâce à elle, les soignants peuvent réduire les doses de morphine et autres médicaments antalgiques. Cela est possible non seulement parce que la musique soulage en partie les douleurs, mais aussi parce qu’elle élève le seuil de tolérance, rendant ainsi la douleur plus supportable.

Les études qui ont été menées ont mis en évidence une réduction des douleurs liées à des polyarthrites rhumatoïdes, des troubles musculo-squelettiques (maux de dos), de l’arthrose et des maux de tête.

Limites de la musicothérapie

En revanche, la musicothérapie est moins efficace sur les douleurs les plus intenses. Tout au plus peut-elle jouer un rôle complémentaire.

Par ailleurs, il est recommandé de se tourner vers des praticiens suffisamment formés car le doigté et le contact avec le praticien (généralement un psychothérapeute) jouent un rôle essentiel.

Enfin, dans les cas spécifiques d’autisme ou de psychose il est indispensable de faire appel à quelqu’un connaissant parfaitement ces pathologies. La musicothérapie pourrait en effet, risquer « d’enfermer » un enfant dans sa maladie.

Par ailleurs, les personnes qui ont du mal à verbaliser leurs émotions pourraient voir resurgir des traumatismes refoulés. Il faut donc que le thérapeute soit en mesure de gérer ce type de situations, ce que seuls de véritables professionnels savent faire.

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