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En psychanalyse, les mécanismes de défense sont tout ce qui peut être utilisé de façon inconsciente pour protéger l’intégrité psychologique. Pour lutter contre l’angoisse, l’inconscient élabore des stratégies pour se protéger. Comprendre les mécanismes de défense permet d’améliorer la connaissance de son fonctionnement, et la relation entre le patient et le thérapeute. Faisons le point ensemble.

Quels sont les types de mécanismes de défense ?

C’est la psychanalyse, et Freud en particulier, qui évoqua les mécanismes de défense psychologique destinés à protéger la personne contre une grande exigence pulsionnelle. Il s’agit d’un véritable instinct de survie, qui protège l’intégrité psychologique des contraintes extérieures.

Il existe énormément de mécanismes de défenses différents. Cependant, certains sont plus souvent utilisés que d’autres :

  • L’affirmation de soi par l’expression de ses sentiments qui permet de résoudre un conflit émotionnel stressant en exprimant sans détour ses émotions et ses pensées.
  • L’altruisme, qui permet d’échapper à un conflit en se dévouant aux autres.
  • L’anticipation qui pousse à imaginer les conséquences et à envisager les différentes solutions possibles d’une situation conflictuelle.
  • Le clivage qui consiste à séparer son esprit en deux parties qui coexistent afin de se protéger d’une menace effroyable.
  • La dénégation, ou le refus de reconnaître une pensée, un désir ou une interprétation exacte source de conflit.
  • Le déni, c’est-à-dire le refus de la réalité d'un fait perçu comme dangereux ou douloureux.
  • L’humour qui consiste à présenter une situation traumatisante de façon plaisante et ironique (l’autodérision peut-être un mécanisme de défense).
  • L’identification inconsciente à un attribut réel ou imaginaire d’une autre personne, qui pousse à se transformer partiellement ou totalement en lui.
  • L’intellectualisation qui permet de généraliser face à une situation angoissante où la personne est impliquée.
  • L’isolation, c’est-à-dire l’élimination de l’affect d’un conflit ou d’une expérience douloureuse.
  • La rationalisation, c’est-à-dire la justification logique qui cache les motifs réels.
  • Le refoulement dans l’inconscient de conflits qui demeurent actifs.
  • La régression à un stade antérieur de la pensée ou du comportement.

Caractéristiques des mécanismes de défense

Les mécanismes de défense psychologiques sont un ensemble d’opérations et de stratégies qui permettent de réduire, ou de supprimer tout changement susceptible de mettre en danger l’intégrité et le bien-être psychologique. Ils sont très utiles au quotidien, et peuvent être déclenchés en cas de :

  • pulsion inconsciente qui souhaite devenir consciente ;
  • peur réelle ou imaginaire ;
  • débordement émotionnel ;
  • menace de l’intégrité.

Une personne normale possède plusieurs mécanismes de défense qui lui permettent de tenir compte de la réalité sans augmenter son angoisse. Pour être efficaces, ils doivent être assez souples, diversifiés et permettre de s’enrichir à travers les relations avec les autres.

Mécanismes de défense : conséquences sur l’entourage

Les conséquences des mécanismes de défense sur l’entourage peuvent être très nombreuses. Elles varient en fonction du ou des mécanismes de défense utilisés. Il peut s’agir par exemple de :

  • conflits, disputes, désaccords ;
  • dévotion totale, empathie trop importante et inadaptée ;
  • troubles du comportement, violence, irritabilité ;
  • utilisation de l’humour pour susciter une réaction ;
  • isolement, repli sur soi.

Comme les mécanismes de défense protègent l’intégrité psychologique d’une personne en fonction de ses ressources, ils peuvent être interprétés de façon différente par l’entourage qui ne comprend pas toujours.

Quels sont les troubles associés à chaque mécanisme de défense ?

Lorsque les mécanismes de défense sont défaillants, ils peuvent engendrer des troubles plus ou moins sévères dans le registre de la névrose ou de la psychose. Certaines défenses peuvent engendrer des troubles particuliers :

  • La projection délirante, la distorsion et le déni peuvent engendrer des troubles psychotiques comme une bouffée délirante aiguë, une psychose chronique ou une schizophrénie par exemple.
  • La projection, la fantaisie schizoïde, l’hypocondrie, l’agression passive et la dissociation (ou le déni névrotique) peuvent engendrer une immaturité avec des difficultés d’insertion dans la société.
  • Le déplacement, l’isolation, le refoulement et la formation réactionnelle peuvent engendrer des troubles névrotiques diverses.
  • L’altruisme, la sublimation, la répression, où l’humour engendre des défenses matures qui cachent et masquent le problème.

La recherche d’un mécanisme de défense inapproprié lors d’une psychothérapie permet au patient et au thérapeute d’identifier le processus psychologique en cause dans de nombreux symptômes. En prendre conscience et le résoudre aide à faire face au conflit afin de le dépasser.